‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 136 sur 220 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

drières françaises : menaces de fusiller les villageois, de supplicier les fonctionnaires, de raser la capitale!... C'est stupide! c'est irritant!... Je ne me mêle plus de rien !

MARIK-ANTOINETTF. .

Sire, exigez seulement que l'idole populaire vienne figurer parmi nous!... Le 20 juin dernier, toute la Révolution a piétiné ici, jusqu'à huit heures du soir, nous criant qu'elle voulait Pélion ou la mort! Vous avez rendu la mairie à M. Pétion. Q.u'il se montre!

LOUIS XVI

Puisqu'il n'est pas là, madame, c'est qu'il se dérobe.

M A RIE -ANTOINETTE, confidentiellement an Roi.

Ne l'avons-nous pas acheté? (De même, à sa belle-sœur.) Elisabeth, VOUS nous aviez garanti une personne de bonne volonté?...

MADAME ELISABETH

Parfaitement.

M A RIE -ANTOINETTE

Cette personne s'est chargée de traiter avec

M. Pétion, et, pour ce faire, nous lui avons remis cent vingt-quatre mille livres...

LOUIS XVI

Je crains que M. Pétion n'ait jamais reçu la somme. Il était convenu, avec l'intermédiaire, que, la première fois où je reverrais le maire de Paris, celui-ci, en signe d'intelligence, poserait le doigt, pendant une seconde, sous son œil droit...

MARIE-ANTOINETTE

Eh bien?

LOUIS XVI

Ah!... Il n'a même pas levé la main jusqu'à son menton ! . . . Bah ! . . . Nous avons été volés ! . . . Parlons d'autre chose !

MARIE-ANTOINETTE

Au contraire. Sire ! parlons toujours de M. Pétion!...

SULEAU , qui a entendu ce nom, à Jarjaycs, bas,

Pétion !

MARIE-ANTOINETTE, au Roi.

Qu'il nous soit vendu ou non, le maire de

Page 1