ACTE II, SCÈNE XI
M A RI K- ANTOINETTE
Mais je voudrais, Sire, qu'il battît plus vitel... Au nom du ciel, pendant que, peutêtre, il en est temps encore, n'attendez pas qu'on vienne nous étouffer, vous et moi, sur notre parquet ! (Elle se jette aux genoux du Roi.) Représentez-vous, Sire, ce que vous devez à votre famille!... S'il faut périr, que ce soit avec honneur, en chargeant !
LOUIS XVI
Relevez-vous, madame!... Les factieux ne sont pas encore nos maîtres... On va voir!... Nous verrons bien ! . . .
LE COLONEL, rentrant par la porte de l'antichambre.
Sire, cette détonation n'était encore qu'une fausse alerte : la balle a échappé par inadvertance dans un de nos postes, et s'est logée au plafond.
LOUIS XVI, à /<i Reine et à sa sœur.
Là! là!... vous entendez?
MADAME ELISABETH
N'importe ! . . . Ceci est le premier coup de feu. Ce ne sera pas le dernier !
(A partir de ce moment, jusqu'au baisser du ri-
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(ieaii, les rittiicun de la miilttliide montent de loin, par la fenêtre : clameurs confuses, un bruit de pas d'hommes, sonneries des fers sous une marche de chevaux, claquements de fouets sur des attelages de canon, dont on entend traîner les chaînes. )
LOUIS XVI
Entourons-nous de nos fidèles ! (Au colonel de Maillardor.) Faites ouvrir ces chambres à tous les gentilshommes accourus pour défendre le toit de la monarchie I
(Il s'assied.) LK COLOKEL, ouvrant la porte du fond.
Huissier! faites entrer la noblesse de France.
LA VOIX DK l'huissier, répétant au loin :
Place à la noblesse de France !
(Une troupe de gentilshommes apparaît et se presse, dans le fond.)
MARIE-ANTOINETTH, debout, désespérément.
Ah ! si c'était moi le Roi !