ACTE m
Comme à l'acte précédent, c'est le soir du 9 août 1792. — Une pièce de l'appartement de Théroigne, rue de Tournon. Intérieur pauvre. A gauche, au premier plan, une porte d'entrée; au deuxième plan, une fenêtre sur la rue par où l'on aperçoit les lumières de la maison d'en face. A droite, au second plan, une porte. Au fond, la fenêtre, également sur rue, d'une deuxième pièce, pouvant être séparée de la première par une porte à coulisse, et dans laquelle, sur une table de salle h. manger, la nappe est mise. L.\-dessus, des verres et des brocs, disposés pour de sobres rafraîchissements, et des flambeaux allumés.
SCE'ME TTlEMIÈTiE
THÉROIGNE, ROSE.^h îez'er du rideau.
Rose, la servante, achève les préparatifs de la salle à manger. On entend re'sonner le tambour dans la rue.
ROSE
Avec le rappel qui bat, et le tocsin qu'on annonce, le limonadier allait fermer sa bou-
292 THÉROIGNE DE MKRICOURT
tique. Il m'a servie en uniforme de garde national, tout prêt à se mettre en route contre les Tuileries.
Écoute un peu, Rose : si le message que j'ai envoyé à Sieyès l'amène ici quand j'aurai déjà quelques personnes, il ne faudra pas le faire entrer directement. Avertis-moi, pour que, d'abord, je le reçoive seul... On a sonné... Va ouvrir. (Elle consulte la pendule. — Rose passe dans
V antichambre.) Ce n'est pas encore tout à fait l'heure dite... Qui cela peut-il être?
ROSE, rentrant pour annoncer.
Le citoyen Pétion.
(Elle sort.)
SCE'hLE II THÉROIGNE, PÉTION.
THÉROIGNE
Comment vous est-il possible de venir chez moi, ce soir?