ACTE III, SCÈNE 111 2yj
heures que je parle, que je crie, que je tonne ! . . . Je suis essoufflé; je suis en sueur I...
THÉROIGNH, à Rol>espifnc qui entre.
Ah! Robespierre!... Qu'a-t-on fait aux Jacobins?
ROBESPIERRi:.
Je n'y suis pas allé.
DANTOK, àpart.
Finaud!... J'aviserai cependant à ce que tu te compromettes autant que moi.
THÉROIGNE, à Pétioit.
Le plus grave péril pour l'insurrection, c'est que sa masse est coupée en deux par la Seine.
PÉTION, se dérobant.
Oui, j'ai entendu parler de cela...
THÉROIGNE, à Danton et à Robespierre.
Le faubourg Saint-Marceau pourra-t-il donner la main au faubourg Saint- Antoine ? Le Pont-Neuf est au pouvoir de l'armée réguhère. S'il reste infranchissable, nous ne réussirons pas, nous sommes perdus. Toute la question est là.
DANTON
Eh bien! j'ai risqué un grand coup. Comme
296 TIIÉROIGNE DE MÉRICOURT
substitut de la Commune, j'ai fait commander que l'artillerie royale fût retirée du Pont-Neuf.
THÉROIGNK.
Oh ! vous n'avez point qualité pour être obéi. Comment voudriez-vous que les forces ennemies s'annihilent elles-mêmes, en s'inclinant devant un ordre aussi arrogant?
DANTON
Qui sait?... Nous serons fixés bientôt... Attendons !
THÉROIGNK, à Camille Desmoulins qui entre. Quelles nouvelles, Camille?
CAMILLE DESMOULINS
Mauvaises ! N'est-ce pas, Barbaroux ? (Celui-ci, qui le suit, fait un signe affirmatif.) Le rappel ne rend pas chez les nôtres. Les seuls ouvriers qui soient encore sortis en armes tireront sur nous ; ce sont ceux de ce club qui coùtedix mille francs par jour à la cassette du roi, et qu'on a intitulé : Club Français!
DANTON
Comme si le titre de Français pouvait être