‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 144 sur 220 · ACTE m, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE

l'apanage d'un parti en France, et comme si, moi, Danton, je n'étais pas Français !

(Thèroigiie, Danton et Pcti'on ont un instant de colloque, au second plan.)

CAMILLK DESMOULINS.

Ah ! quand jadis j'ai soulevé la population en cueillant la cocarde révolutionnaire au tilleul du Palais-Royal, c'était en plein jour. Je crains que le tempérament du Parisien n'ait pas de plaisir à commencer ses émeutes la nuit.

BARBA ROUX

Pour ce qui est de mes hommes, je réponds d'eux. A quelques pas de cette maison, ils n'attendent que mon retour, bras nus et sabre en main. Mais ils auront beau se battre comme des diables, ça n'en fait que six cents à tuer!... Moi, pour ne pas tomber vivant au pouvoir de la cour, j'ai en poche du poison.

ROBESPIERRE

S'il en est temps encore, je déconseille d'engager contre les Tuileries une bataille incertaine. Abandonnons la capitale, et, avec elle, l'Est et le Nord.

298 THÉROIGNE DE MtRICOURT

CAMILLE DESMOULINS, dans une protestation. Oh!

BARBAROUX

Pourquoi pas?

ROBESPIERRE

Faisons ainsi la part de la tyrannie et de l'invasion. Nous transporterons dans le Midi le siège de la Révolution, là où le sang latin fait encore courir, parmi les cœurs vertueux, un pur souvenir de République.

DANTON, s'avançaiit.

Renoncer à Paris, âme de la Révolution, tête de la France ! . . . Jamais !

SCE'N.E IV Les MÊMES, COLLOT D'HERBOIS.

COLLOT d'herbOIS, entrant.

Nous ne verrons pas Grangeneuve ! . . . Nous ne le reverrons plus I

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