ACTE III, SCÈNE XV
SULEAU
Et les autres ? Où les trouverai-je ?
THÉROIGNE
Quels autres?
SULEAU
Ceux qu'on a notés pour avoir tout à l'heure franchi le seuil de cette maison... (Montrant la salle à manger.) ceux qui viennent de boire dan5 ce repaire, avec toi !
THÉROIGNE
Qui êtes-vous, pour me parler ainsi?
SULEAU
Ah bah ! tu n'as jamais eu la curiosité de savoir comment j'étais?... Tu ne me connais pas?
THÉROIGNE
Non.
SULKAU.
Je suis François Suleau.
THÉROIGNE
Vous ! . . . François Suleau 1 . . . Vous, l'écrivain toujours prompt à me torturer, avec tout ce qui peut faire saigner l'orgueil, avec tout ce qu'on peut infiltrer dans l'âme de vinaigre et de fiel.
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SULF.AU.
Allons, la fille, as-tu donc les nerfs si délicats?
THKROIGNE.
François Suleau ! . . .Toi, François Suleau ! . . . C'est toi qui, depuis trois ans, dans tes écrits, m'as livrée au rire des courtisans!... C'est toi et tes pareils qui m'avez représentée, tour à tour, hideuse ou stupide, ivre, dévêtue, obscène parmi les plus célèbres orateurs, et empoisonnant la pureté de ce sang français par les corruptions que vous prête/, à mon corps ! . . .
SULEAU, avec une (lèdaigiiense igiioraiiee. Ai-jedit cela?
THÉROIGNE
Oui, tu es de ceux qui s'efforcent de discréditer, dans un renom de débauches avec moi, Mirabeau, Barnave, Camille Desmoulins, Talleyrand, Robespierre, Mathieu de Montmorency, Sieyès, enfin, à quelque degré que ce fût, tous les partisans de la liberté, et jusqu'à ce pauvre député bossu, Etienne Populus, en qui le jeu de mots me donne pour amant grotesque le peuple innombrable !