ACTE I, SCÈNE VI
HUBERT
J'excepte le cas où l'on est le mari de Paulette.
MARIANNE
A la bonne heure !
HUBERT
Mais ce qui n'est pas permis, c'est qu'on renonce, de gaieté de cœur, à une femme comme vous...
PAULETTE
Tout le monde est d'accord sur ce point. N'insistez pas. Venez.
HUBERT, s'asseyaiit.
Oh! moi, j'ai mon idée! Bien souvent j'ai regretté votre retraite, votre abdication de vos charmes...
MARIANNE
Vous avez été assez galant pour aujourd'hui. Finissez !
HUBERT
Non ! non ! Croyez-moi : le beau Max se mordrait les doigts s'il vous voyait, enfin, vous jeter dans la vie élégante, étourdissante...
PAULETTE, iiiipatieiniiient.
Oui, ce serait bien fait!... Venez.
HUBERT, de plus en pins iiislallé.
Je ris de la tête qu'il ferait! Il me semble que je ne me retiendrais pas de lui glisser dans l'oreille : « Hé! dites donc? Votre femme dont vous n'avez plus voulu, regardez un peu si tout le monde n'est pas à en vouloir, et comme celui-ci, et comme celui-là en veut! »
PAULETTE
Il n'en finira pas !
HUBERT
D'ailleurs, Max n'aurait pas besoin qu'on l'aide à se vexer de votre succès. Il saurait bien, à lui tout seul, rager comme il faudrait...
PAULETTE, très pressante.
Allons, bavard, viendrez-vous?
MARIANNE
Vous entendez votre femme qui piaffe !
HUBERT, se levant enfin.
Réellement, vous n'avez jamais été tentée par ce genre de représailles?