ACTE IV, SCÈNE X
THÉROIGNE, banaiti V entrée de la ruelle.
Des prisonniers!... Y songez-vous? S'ils ne vous étaient pas sacrés, vous tomberiez au rang des sauvages! Ceux-là sont placés sous la sauvegarde du peuple!
(Quelques gendarmes, postes an seuil de V Assemblée, viennent participer à la résistance de Théroigne.)
DEUXIÈME SANS-CULOTTK.
On tue le peuple ; le peuple tue !
PREMIER SANS-CULOTTK.
Terminons-en avec les ennemis que nous ■ aurions dans le dos!
VOIX DANS LA FOULK
Oui ! A mort, les chevaliers du poignard !
THÉROIGNE, réussissant encore 11 défendre le terrain.
INon ! non ! La Révolution ne s'est pas levée Bur le monde pour vous guider vers des crimes pareils à ceux de la tyrannie. Hors l'affreuse nécessité des champs de bataille, nul ne peut plus s'arroger un droit sur la vie de son semblable. C'est fini des proscriptions! C'est fini des mises à mort sans jugement!
PREMIER SANS-CULOTTE
Laisse-nous faire. Retire-toi.
(La fusillade reprend.)
VOIX DANS LA FOULE
Dépêchons !
(Les quelques gendarmes sont débordés.)
THÉROIGNE, lui tant toujours.
Non ! non ! Ne me montrez pas, dans le fond des consciences humaines, cette incorrigible férocité, l'éternel abîme auquel je ne veux pas croire !
A mort les aristocrates!... à mort! à mort!
THÉROIGNE
Comment condamnez-vous des hommes dont vous ne savez même pas le nom?
PREMIER SANS-CULOTTE
Nous connaissons toujours celui de Suleau !
THÉROIGNE, avec une âme terriblement retournée par cette révélation.
Suleau?... Suleau est là?
VOIX DANS LA FOULE
Oui ! ... Il est là !.. . Mort à Suleau !