SCE'H.E VII THÉROIGNE, SIEYÈS
Quelle manière de vociférer les noms ! (Indiquant Danton qui disparait.) Pourquoi me désigne-
t-il?
THÉROIGNK.
C'est qu'en effet, Sieyès, il ne reste peutêtre que toi d'assez grand pour être l'arbitre entre les deux esprits qui divisent l'Assemblée. De tradition, de sentiment et de pensée, tu es avec les Girondins... Sauve-les!...
SIEYÈS
Les sauver?.... Mais ils ne sont perdus que s'ils y consentent. Jusqu'à présent ils disposent
d'une grosse majorité dans la Convention. On compte tout au plus cent Montagnards résolus sur sept cent cinquante députés... Que le parti de la Gironde propose des mesures, on les votera! (D'une voix qui monte.) Que, sans désemparer de la tribune, un de ses membres soit toujours en train de répondre ou d'attaquer! Que rien ne les intimide!... Ce n'est pas une affaire que de montrer quelque courage civique !
THÉROIGNK.
Ah ! tu n'as pas perdu ta vigueur incisive de l'an 89!... Tu vas demander la parole!... Tu vas parler pour les Girondins!...
SI E Y Es, s'effarant.
Moi?
THÉROIGNE
Oui, toi!... Tu commences bien apercevoir que l'espérance et le souffle défaillent dans leur gorge, depuis tant de jours qu'ils luttent pour tes idées. Monte aujourd'hui à leur secours, avec tes arguments neufs, ta réputation intacte, ta logique irrésistible...
SIEYÈS
Moi?... Non!...