ACTE V, ScèNB VU
Comment cela?... Tu recules?...
SIEYÈS, d'une voix faible, et avec un ton d'amical reproche.
Entends ma voix. Je n'ai pas les poumons qu'il faut pour imposer un discours dans l'atmosphère de cette assemblée-là ! Je conseille les Girondins en secret. Je les sers donc d'autant mieux que personne ne peut dire ni savoir ^i je les approuve. (Inspectant les alentours, oit des
.vipes ont reparu.) On nous remarque. Ce n'est pas bon. Je te quitte...
THKROIGNK, le regardant s'en aller vers la Convention.
Tel est donc Sieyès!... 11 vient de rendre réelle à mes yeux la définition qu'a donnée de lui Robespierre : «Jamais celui-là ne paraît, mais il ne cesse d'agir dans le souterrain des assemblées. Il sape, il crée des monticules, il fait buter l'un contre l'autre, et se réserve, à l'écart, de profiter. C'est la taupe de la Révolution! »
(Sieyès s'en est allé. Thèroigne s'achemine lentement, à sa suite, vers l'Assemblée.)
SCE'ME VIII La Foule, THÉROIGNE,
UN QUATRIÈMK S ANS-CULOTTE , dUATRIÈME SANS-CULOTTE, accourant.
Citoyens, savez-vous le nouveau crime des Girondins?
l'orateur.
Lequel ont-ils pu commettre encore?
Q.UATRIÈME S ANS -CULOTTE .
On a découvert qu'ils accaparaient des masses de pain chez les boulangers, et, ce qu'ils en font, voulez-vous que je vous le dise?
UNE VOIX DANS LA FOULE
Dis-le !
aUATRiÈME SANS-CULOTTE.
Notre pain, pour nous révolter contre la