‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 25 sur 220 · ACTE I, SCliNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCliNE VIII

plus d'une fois songé que tout s'était tranché entre vous deux peut-être par un malentendu!

MARIANNE

Un malentendu?... Je me refuse à y croire. Ce serait encore plus lamentable que j'eusse été broyée par erreur!... Mais sortons de ce sujet inutile et malsain, Max est devenu pour moi un éternel étranger. Il a dressé en face de moi la muraille de son mariage nouveau. Et tout m'invite aujourd'hui à lui rendre la pareille. Un amour est là qui m'appelle, amour loyal et profond, qui témoignera qu'il n'a pas suffi à M. de Pogis de m'abandonner pour faire de moi une créature finie. Voyons : je serais absurde, je serais féroce, de rebuter ce brave Guillaume qui m'adore. Il vient de me confier la mission d'assurer, par votre assentiment, son bonheur. Et, quand je le sens pour moi précieux, indispensable, je devrais, d'après vous, lui rapporter, comme réponse, que nous n'avons plus qu'à cesser de nous voir!

MADAME VILARD-DUVAL

Tu n'es pas réduite à cette extrémité. L'amitié, les bons rapports, le dévouement, peu-

4» LEDEDALE

vent continuer, entre vous, très honorablement.

MARIANNE

C'est ce qui vous trompe : à l'heure actuelle, ma réputation est entamée. Oui! oui!... En observant combien M. Le Breuil était assidu auprès de moi, l'on n'a point admis qu'il put être un prétendant. « Une femme divorcée, qui se préparerait à prendre un second mari ! Fi donc! » On m'a fait l'honneur de ne me prêter que des sentiments comme il faut. On chuchote, paraît-il, que Guillaume est mon amant.

MADAME VILARD-DUVAL

Oh! Marianne! que m'apprends-tu d'abominable?

MARIANNE

Je vous conte, tout bonnement, ce que Paulettc vient de me rapporter. D'après cela, estimez-vous que nous puissions continuer à recevoir M. Le Breuil dans les mêmes conditions?

MADAME VILARD-DUVAL

Non, ma fille, forcément, non I

Page 1