‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 24 sur 220 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

Je sens plutôt que si jamais l'esprit du mal aura été mêlé à ma vie, ce sera seulement par cette union d'autrefois qu'il vous plaît de tenir pour toujours bénie !

MADAME VILARD-DUVAL

Ne t'exprime pas de la sorte !

MARIANNE

Si!... C'est près de Max que j'ai connu des égarements dont je rougis encore, tant l'objet en fut indigne!

MADAME VILARD-DUVAL

Ma fille, tais-toi !

MARIANNE

Oui, l'immoralité, le péché, je les distingue dans ma passion frénétique, mes jalousies impures, mes honteux espoirs d'une reprise, dans tous les souvenirs, en un mot, que Max me - laissa, les pires et les meilleurs, tous, tous!

Ma pauvre fille! Ce Max, écoute-toi seulement en parler!... Va, je t'entends bien: tu n'es pas guérie de l'aimer !

46 LEDÉDALE

MARIANNE

Que dites-vous là? C'est une idée que rien ne vous permet!... Je hais, je méprise cet homme qui fut mon bourreau !

MADAME VILARD-DUVAL

Il a été bien coupable, et je ne songe pas à le défendre. Mais je ne veux pas que tu t'exaspères à faux, que tu attises encore des pensées trop cuisantes : M. de Pogis déplore, j'en suis convaincue, ce qu'il a commis... Ceux qui le rencontrent lui trouvent souvent la mine furtive, mauvaise, de quelqu'un qui a fait autre chose que ce qu'il aurait voulu...

MARIANNE

Allons donc!... Quand sa trahison eut éclaté à mes yeux, a-t-il cherché à se défendre? à savoir de quelle façon j'étais prête à décider de lui et de moi?... Souvenez-vous : il a déserté, disparu !

MADAME VILARD-DUVAL

Précisément! Il n'a pas osé se représenter devant toi. Il s'est conduit comme un fou, comme un malheureux... Depuis lors, j'ai

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