ACTE II, SCÈNE VI
ton mari me voulait, pendant qu'il me gardait, de l'autre côté. Il m'exposait son chagrin de ne pas obtenir une situation de fils auprès de ta mère.
MARIANNE
Oui! Elle l'appelle : monsieur... Hélas! pauvre chère mère ! tout l'effort qu'elle a pu s'imposer, c'a été de ne point me montrer de changement dans ses sollicitudes pour moi. Mais elle ne supporte pas que je lui dise, de Guillaume, le bien qui me serait doux. Il règne, entre elle et moi, de la peine silencieuse.
P.\ULETrE.
Ton mari m'a parlé de toi aussi. Et puis, de toi!... Avec une chaleur! Une ingénuité!... Après deux ans de ménage, est-ce qu'un pareil besoin d'expansion ne t'émerveille pas ?
MARIANNE
Guillaume est de ces êtres dont l'amour ne cesse de grandir là où il a pris racine. Je ne réfléchis pas si c'est merveilleux ; j'éprouve que c'est fort et bon, comme la nature.
PAULETTE
Ah ! tu as enfin le mari que tu méritais ! Le
sort te devait bien cette compensation. Et, d'autre part, nous avons pu voir, l'année dernière, qu'il y a aussi une justice pour distribuer le châtiïnent !
MARIANNE
On le dirait!
PAULETTE
Quel coup pour Max, d'avoir été frappé dans cette femme qu'il avait mise au-dessus de toute considération!... Après avoir, si follement jadis, fait son deuil de toi, le voilà veuf de l'autre, aujourd'hui. A trente-huit ans, son tour est venu de rester seul dans la vie ! . . . Car votre fils, n'estce pas, il ne lui est permis qu'à peine de l'avoir, de te le prendre un peu ?
MARIANNE
J'ai été astreinte à faire mener mon petit Louis, deux après-midi par semaine, chez M"ie de Pogis mère. Et je ne concéderai rien au delà.
PAULETTE
II n'en est pas question ?
MARIANNE
Si !... Je viens d'être en butte à des tentatives