ACTE II, SCÈNE VI
qui m'ont irritée. La grand'mère paternelle m'a écrit, il y a quinze jours, et de nouveau, la semaine dernière. La façon dont j'ai répondu coupera court, j'imagine, à cette correspondance... Mais passons aux choses qui te concernent. Ton mari vient de m'intéresscr à ses revendications contre toi...
PAULETTE
Ahl... Il a jugé bon!...
MARIANNE
Je sais que tu l'as mis en pénitence.
PAULETTE
S'est-il vanté du motif?
MARIANNE
Il assure n'avoir été que trop folâtre. Mais en te comportant comme tu le fais, tu risques de le détourner tout à fait de ton ménage.
PAULETTE
Qu'il fasse ce qu'il voudra, pourvu qu'il ne me demande plus rien !
MARIANNE
Peut-être prolonges-tu excessivement la
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rancune!... Ne t'offusque point de ce que je vais te rappeler : un jour où la nécessité t'y contraignait, il y a plus de deux ans, tu m'as révélé que tu n'étais pas, toi-même, sans reproche. Nous n'avons jamais reparlé de cela; et je voudrais croire que tu n'as eu là qu'une minute d'étourdissement dans ta vie. Je me permets une allusion pour tâcher que tu en retires une leçon d'indulgence, dont profiterait ton mari.
Je n'ai pas oublié la circonstance, ni comment tu as fulminé, alors, contre la femme qui accepte de se partager.
MARIANNE
Oui, je me souviens. Mes sentiments là-dessus sont inaltérables : à l'idée que des créatures de mon sexe subissent cette ignominie, mon instinct se soulève, ma chair frémit de répulsion... Pour ma part, je préférerais mille foisla fuite, le drame, la mort!...
PAULETTE
Approuve-moi donc d'avoir saisi le premier prétexte de ne plus être qu'à un seul.