ACTE I, SCENE I
roturier. Mais l'amour vint et se chargea de nous assortir.
GUILLAUME
Cependant, vous n'avez pas abdiqué vos idées personnelles ? Vous, n'est-ce pas, le divorce ne vous choque en rien ?
VILARD-DUVAL
Oh ! moi, j'ai employé ma carrière de magistrat à commander le respect de la loi. J'ai toujours traité en bons citoyens ceux qui l'observaient. J'ai condamné les autres. Aujourd'hui qu'il s'agit, à mon foyer, d'un moyen que la loi consacre, je désavouerais ma vie, je me renierais moi-même, si je disais à ma fille : « Le divorce est légal ; mais la loi de ton pays ne signifie rien ! »
GUILLAUME
Par conséquent, je peux compter sur vous pour faire sentir auprès de votre fille, auprès de votre femme, le poids de votre conseil et de votre autorité?
VILARD-DUVAL
Oui ! Je m'inquiète d'assurer, pour l'avenir, à Marianne, un compagnon de votre sûreté.
LE DEDALE
Quand ma femme et moi, les vieux, nous nous en serons allés, je veux penser que notre fille ne se trouvera pas seule au monde, avec un garçon qui, peut-être, aura la mauvaise tête du père... Marianne, sans être encore intervenue, connaît par moi l'insuccès de mon effort d'hier soir. Vous allez, avec elle, examiner ce qu'il lui conviendrait de tenter à son tour. Quoi qu'elle décide, dans la circonstance, vis-à-vis de sa mère, je n'abandonnerai pas ma fille... La voici.