‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 49 sur 220 · ACTE II, SCENK IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENK IX

MAX

Bien ! Vous permettez ainsi que je vous parle d'égal ;\ égal. Car notre fils, je suis prêt pour lui à tous les sacrifices, comme vous, autant que vous.

MARIANNE

Depuis quand?... Si vous aviez l'âme d'un père, vous n'auriez jamais quitté le lieu de sa présence, même au prix d'y supporter la mienne.

MAX

Vous étiez déjà, c'est vrai, une mère admirable, quand je n'avais encore que bien peu la fibre paternelle. Est-ce moi qu'il faut en accuser, ou bien lanature? Les mères commencent à se dévouer dès le premier frémissement de leurs entrailles; et leur aile reste longtemps suffisante pour abriter ce qui dort au berceau. Moi, je ne me suis senti père, je n'ai pris le sens de ma mission qu'en voyant mon fils approcher de l'adolescence. A présent que sa main est presque de taille à ne plus savoir tenir dans la vôtre, j'éprouve le besoin de lui assurer, par mon étreinte, qu'à mon tour je suis là, pour le mener, pour le défendre contre les ignorances et les surprises de la vie.

94 LEDEDAL E

MARIANNE

Je peux, sans votre assistance, achever son éducation. Vous m'en avez légué jusqu'aux charges viriles, du jour où vous avez décidé d'être mort pour moi.

Les morts qui ne reviennent pas sont les seuls à laisser toute tranquillité aux veuves. Ils auraient, comme moi, leur mot à faire entendre chez celles qui instruisent l'enfant commun dans l'amour d'un nouveau père.

MADAME DE POGIS.

Oh ! Max ! ne sois pas inconsidéré 1

MARIANNE

Oui, le reproche est étrange dans votre bouche I

MADAME DE POGIS, à Maiiniine.

Du calme, je vous en prie!

MARIANNE

Qu'ai-je fait en me remariant, dont vous ne m'ayez donné la liberté, le droit, l'exemple et le gage de vous en moquer bien ?. . . Mieux vaut,

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