ACTE II, SCÈNE IX
je vous assure, n'cvoquer icî l'apparition d'aucune tierce personne à mon côté, ni au vôtre...
MAX
Je ne puis éviter pourtant le fond même de la question. Vous allez me comprendre : quelle que fût ma misère d'être à peu près privé d'un fils qu'aujourd'hui j'adore, il était possible que j'acceptasse toujours en silence cette expiation. Mais il vous fallait, pour cela, me dominer de très haut par le caractère. J'aurais peut-être indéfiniment agenouillé mon remords devant votre image, à condition de me la représenter dans sa rancune farouche, dans son mépris inaccessible. Il ne fallait pas me fitire vous apercevoir, telle que vous êtes à présent, associée à un autre homme !
Mon fils, ne continue pas ainsi!
MARIANNE
Au nom de quel sentiment me parlez-vous?
MADAME DE POGIS, siipplianle.
Marianne !
MARIANNE
Quelle est donc votre tyrannie? Ai-je blessé
votre orgueil, et me poursuivez-vous de votre haine ?
MAX
Non, je ne vous hais pas!
MARIANNE
Que venez-vous de m'attester pourtant ? C'est la vengeance qui vous fait me disputer mon enfant?
MAX
Je ne le dispute pas à vous, mais à votre second mari, que, lui, je hais!
MARIANNE, honlcvcrsic de ce grondciiienl de jalcusic.
Ah!
MAX
Celui-là, je ne veux pas retrouver sa trace de tous les instants dans les propos, dans les projets, dans les petits raisonnements de mon fils. Je ne veux plus que cette cervelle encore si malléable soit librement pétrie par un étranger, un amateur, qui s'adonne au pouvoir paternel comme à un art d'agrément !
MADAME DE POGIS.
Oh ! Max !
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MARIANNE
La malveillance vous égare. Votre grief ne se fonde là sur rien d'exact.
MAX
Je n'ai jamais cherché à savoir quoi que ce soit de ce qui se passe chez vous. J'ai détourné les bavardages de l'enfant chaque fois qu'il allait nie faire entrevoir le tête-à-tête de votre table, auquel il s'ajoute en troisième, ingénument, gaiement, légalement. C'est malgré moi, l'autre jour, que, par une brusque phrase, il m'a jeté une angoisse dans l'esprit. Il m'a entraîné à des questions. Et, de cet instant-là, mon parti d'intervenir a été pris.
MADAME DE POGIS, à Marianne.
Je vous ai dit qu'il y avait eu quelque incident ignoré de moi.
MARIANNE
Les choses qui m'entourent sont aujourd'hui ce qu'elles étaient hier. De quelle fausse interprétation avons-nous à souffrir ? Qu'avez-vous supposé? Quoi ?
MAX
Notre fîls va sur ses treize ans. Quelqu'un lui
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a suggéré que, dès la quinzième année, l'Ecole de marine s'ouvre aux jeunes gens. Et on lui a mis en tête de s'y préparer.
MARIANNE
Marin!... Avec sa frêle poitrine!...
MADAME DE POGIS.
Le pauvre petit!
MAX
Entendez bien que je n'ai pas, là-dessus, pris une alarme ridicule. Je sais qu'on extirpe assez facilement une vocation, à l'âge de Louis... Mais si je laissais plus longtemps cultiver, dans un certain sens, une créature aussi impressionnable, comment tourneraient plus tard des racines mal arrachées de son imagination?... Puisque je l'interrogeais, je l'ai fait m'avouer les entretiens, les récits dont il s'intoxique : voyages aventureux, la liberté au loin, la vie armée, et des doctrines brutales comme la loi de Lynch!... Tellement que je me suis demandé si le beau-père ne travaillait point à expédier au diable l'enfant qui n'est pas de lui.
MARIANNE
Ohl... Vous calomnie/: des intentions qui,