‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 52 sur 220 · ACTE 11, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE IX

du visage. Et puis je lis tout ce qu'il a de vous, pour sa coquetterie future : le reflet changeant des prunelles, la finesse bouclée des cheveux, les narines cambrées, l'arc de votre bouche...

MARIANNE

De grâce I

C'était pour vous dire que je rêve de l'élever à notre ressemblance, à vous et à moi, dans la proportion où chacun de nous lui a marqué ses traits.

MARIANNE

■ Puissions-nous ne point lui avoir transmis le signe des bonheurs qui ne se gardent pas !

MAX, lies an II.

Écoutez : Pendant les courtes heures où, jusqu'à ce jour, il m'a été confié, je me suis souvenu, chaque fois, d'un désir que vous aviez exprimé à l'époque où il balbutiait encore. Et c'est pour donner suite à cette ancienne pensée de vous que j'ai guidé son jeune esprit, tour à tour, vers les musées, les concerts, les spectacles de poésie... Vous ne vous rappellerez peut-être pas ce dont je veux parler : nous fai-

I02 LE DEDALE

sions de la musique ensemble. Vous chantiez. Notre fils s'est dressé sur des coussins. Les sons de l'harmonie faisaient tant jaser son inconscience, un tel enchantement éclaira son regard si vague encore, qu'alors, comme un souhait de fée, vous décidâtes que nous le rendrions artiste, à nous deux...

M A R I A N N r , oppressée.

Oui, je revois...

MAX, avec des larmes dans la voix.

C'était il y a longtemps, dans ce même château de Nérange, où je vous demande à présent de pouvoir un peu le ramener...

, MARIANNE

Eh bien! il sera fait selon votre vœu... L'enfant est ici... Je vais vous l'envoyer. Vous lui annoncerez vous-même son prochain voyage.

Merci, Marianne!

(Celte dernière va pour sortir.)

MAX, l'arrêtant.

Encore un instant : dites-moi qu'en me ce-

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