‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 51 sur 220 · ACTH II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTH II, SCÈNE IX

pour titre fâcheuses, n'en sont pas moins de bonne foi. L'enfant, sachez-le, n'est approché de personne qui lui veuille autre chose que du bien... Mais, tout à l'heure, en effet, j'ai déjà eu un avertissement de ce que vous me confirmez. Ici môme, j'ai perçu combien, corps et âme, on en était différent !. . . Je vous dois de reconnaître que, sur un point, vous avez été plus vigilant que moi. Vous m'avez, par là, repris des droits sur notre fils. Mettons-nous d'accord pour les conditions que vous étiez venu me poser. (Elle lui indique un siège.)

MAX, désarçonné.

Mes volontés deviennent moins précises, maintenant que vous me répondez avec plus de mansuétude... Mais puisque vous ne niez pas que j'aie motif d'exercer mon action paternelle d'une manière un peu prolongée, examinez cette offre : Vos parents avaient autrefois l'habitude de n'aller vous recevoir que vers le milieu du mois d'août dans leur domaine du Dauphiné. D'ici là, trois semaines s'écouleront encore, que notre garçon va passer dans les malsaines chaleurs de Paris. Si, pour ce délai, je l'emmenais à Nérange ? Ne serait-ce pas salubre à cet esprit, actuellement surexcité, de le remettre dans un

lOO LE DEDALE

doux paysage, dans son atmosphère normale ?

MARIANNE

Sans doute!... 11 serait ravi d'être transporté près de La Charmeraye, que son petit cousin aura gagnée ce soir... Mais il me faudrait avoir prévu cette séparation d'avec lui ! J'aurais besoin de m'accoutumer, longtemps d'avance, à pareil temps de tristesse pour moi et d'anxiétés perpétuelles...

MADAME DE POGIS.

A côté de son père et de moi, que voudriezvous qu'il lui arrivât?

Eh ! que sais-je ! N'ayant jamais quitté cet enfant, je ne pourrai pas le voir, une première fois, partir sans tomber dans toutes les exagérations, sans imaginer que je le perds...

Il vous sera rendu avec des sentiments pour vous plus attachés encore. Je ne machine pas de substituer près de lui mon influence à la vôtre... Quand je prends son front dans mes mains, je m'applique à déchiffrer le peu qu'il a de moi : le menton, les pommettes, les quelques duretés

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