ACTE III, SCÉNB I
LE DOCTEUR, eiiliaitl Jutr la porte basse.
Je vais, pour la forme, rédiger encore quelques prescriptions d'hygiène. Mais votre pctit-lils est en pleine convalescence.
M.\D.\ME DE POGIS.
Vous ne prtîvoyez aucune rechute ?
LE DOCTEUR
La preuve de ma tranquillité, c'est qu'aujourd'hui j'ai pris tout le temps d'une tournée au loin; et vous ne me voyez, ce soir, à Nérange, que pour l'heure des lampes, après votre dîner.
MADAME DE POGIS.
Ah ! de quel cauchemar sommes-nous enfin sortis!... Représentez-vous que l'enfant nous était pour la première fois confié, à mon fils et à moi, quand nous l'avons amené dans cette épidémie de diphtéritel... Comment aurionsnous survécu à notre responsabilité si le drame s'était accompli !
LE DOCTEUR
Comme au château voisin !
IU6 LE DÉDAtE
MADAME DE POGIS.
Hélas !
LE DOCTEUR
Mais, par exemple, il y a une personne ici que l'épuisement va jeter bas.
MADAME DE POGIS.
Marianne?... Dieu sait la mine qu'elle avait déjà, en nous accourant de Paris, il y a quinze jours, sous le coup de ma dépêche!... N'ayant pas eu le temps de requérir son père ou sa mère sans se mettre en retard d'un train, elle avait voyagé seule, dans l'affolement. Et, pour son arrivée, nous lui offrions ce spectacle terrifiant : le petit Louis, blême et violacé, méconnaissable, et ne la reconnaissant plus!
LE DOCTEUR, hochant la tête.
Le cas a été grave !
MADAME DE POGIS.
Depuis lors, Marianne s'est nourrie à peine. C'est tout au plus si, quelquefois, elle s'est un peu assoupie dans un fauteuil. Elle n'a guère eu pour soutien que la fièvre, et de se jeter dans l'eau froide!... (A Marianne, qui entre par la petite porte de droite.) Il dort ?