ACTE m, SCb.Ni
MARIANNE
Pourquoi rappeler cela?
MADAME DE POGIS.
Pour vous dire qu'en la faisant aménager comme la plus voisine de notre petit malade, je le pouvais sans profanation à votre égard. Personne, vous entendez, personne n'a jamais habité cette pièce, depuis la date où vous en êtes sortie. On l'avait fermée aux gens. Elle n'appartenait plus qu'au silence, à la solitude, aux objets laissés.
MARIANNE
Il suffit, madame!... Veuillez croire que je m'arrangerais aussi bien de re.uer ici qu'ailleurs, si je restais... Mais je n'ai plus de raison pour ne pas reprendre ma place où elle est : chez mon mari. (Elle a une dcJaiUaucc.)
MADAME DE POGIS, lui donnant aide.
Ah!... Elle s'évanouit!...
LE DOCTEUR, prêtant main-Jorte.
Elle se soutient encore... Faites-lui respirer
ce flacon de sels... (Madame de Pogis va quérir
IIO LE DEDALE
l'objet sur un giicridon.) Ça ne sera rien, pour cette fois.
MADAME DE POGIS, au docteur.
Comprenez-vous qu'elle voulait partir, ce soir même !
LE DOCTEUR, à Marianne qui s'est ranimée.
Madame, vous constatez vous-même qu'il serait insensé, immédiatement, de vous surmener davantage. Vous êtes à bout de forces. A la première détente de vos nerfs, vous risquez l'effondrement de votre personne physique et morale. J'ai le devoir de vous commander du repos.
MARIANNE
Je sens bien que, malgré moi, il me faut vous obéir. Je ne partirai que demain matin... Mais je n'ai fait aucun courrier aujourd'hui, ayant différé jusqu'à votre visite. Je tiendrais, du moins, à prévenir chez moi de l'heure à laquelle j'arriverai.
MADAME DE POGIS.
Il est trop tard pour le télégraphe. Le bureau est fermé.