ACTE m, SCKNE III
Après ce qui s'est passé de la sorte, nous ne retrouverons pas les sentiments-, de défiance dans lesquels nous nous étions récemment abordés. Comment ferions-nous désormais, quelle comédie nous faudrait-il, en nous rencontrant, pour ne plus nous reconnaître?
MARIANNE
Votre existence et la mienne vont reprendre leur marche de chaque côté de l'abîme que vous avez creusé. Nous étions restés, bien longtemps, sans nous revoir. Souhaitons de ne plus nous revoir jamais!
Pourquoi dites-vous cela ?
MARIANNE
Parce que la seule raison imaginable qui pourrait nous remettre encore en présence, ce serait notre fils en nouveau dana;er de mort.
Ah! oui, c'est juste! Il ne fiiut plus qu'il nous rapproche... Le cher enfant ! il s'en est acquitté autant qu'il avait de force, l'autre nuit,
Il8 LE DÉDALE
quand, de ses mains amaigries, il jouait à faire se joindre les deux nôtres.
MARIANNE
Dans ces minutes où je regardais l'enfant revenir à la vie, j'ai pu avoir une distraction.
MAX
Vous n'étiez pas distraite. Vos nerfs ont aussitôt protesté contre ce contact. Vous vous êtes dégagée avec une brusquerie qui a coupé court au premier sourire de notre petit malade.
MARIANNE
J'ai fait ce que je devais. J'ai défendu nos deux dignités. J'ai rétabli nos distances.
MAX
Oui, mais moi, en suivant le sillage de cette main qui se dérobait, j'eus la vision du jour où elle avait serré la mienne en gage d'alliance...
MARIANNE
Ne continuez pas ainsi, pour l'amour de Dieu! Laissez dormir ce qui n'est plus.
MAX
Ne vous fâchez pas. Compatissez à la peine