ACTE III, SCÈNE III II
que je vais vous conter. Depuis que votre main m'a fui, je revois constamment avec quelle bonne grâce vous la donniez, ces temps-ci, autour de moi, à l'un et à l'autre, à ma mère, au médecin... Mais pas à moi, parbleu! jamais à moi !... Alors, l'envie me tient aujourd'hui, le désir m'obsède de ravoir un instant l'étreinte de cette main. Je n'aurai pas de cesse que je n'aie ainsi, en quelque sorte, matériellement touché mon pardon !
MARIANNE
Vous avez donc bien oublié quelle femme je suis pour demander que je me prête à un simulacre...
MAX
Vous ne me pardonnez pas?... Vous ne me pardonnerez jamais ?
MARIANNE, désespérément lasse.
Oh ! c'est féroce de me persécuter de cette manière lorsque, après tant de fatigues, je n'en peux plus!... J'attends Paulette d'une minute à l'autre. Laissez-moi le temps de m'être un peu remise. Sortez!
En effet, vous avez à recevoir notre cou-
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sine... J'ai eu tort, c'est vrai, d'être pressant, ce soir. Nous trouverons un moment plus op- <j- portun d'ici à votre départ...
MARIANNE, dressant l'oreille à ce mot.
Mon départ?
MAX, avec suffisance.
Oui. Quand vous en serez là, je réclamerai un entretien.
MARIANNE
A quel propos?
MAX
Ne devinez-vous pas quel besoin j'ai de vous exprimer mon immense repentir?
MARIANNE
Je vous tiens quitte pour l'intention.
MAX
Non pas!... Vous me permettrez, un de ces jours, de vous dire tout : les piètres excuses que j'ai pu avoir, la misère de ma vie depuis qu'elle est séparée de la vôtre...
MARIANNE
Je n'écouterai pas.