‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 72 sur 220 · ACTE IV, SCÈNE II I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II I

l'attendre, j'avais cette prescience des cœurs qu'habite la foi. Si tu m'avais écoutée, si tu t'étais gardée libre, tu serais sur le point de te rendre à M. de Pogis...

MARIANNE

Maman! Prenez-moi en pitié!

MADAME VILARD-DUVAL

Viens ! ma petite ! Viens bercer ta peine dans mes bras!

MARIANNE, lui échappa ni.

Ne m'embrassez pas avant de m'avoir entendue!... Je me suis enfuie de Nérange, sans oser, moi, rapprocher mon visage de celui de mon enfant !

Oh ! Marianne!... Il me semble que je comprends !

MARIANNE

Oui! Ne cherchez plus. Cette nuit, Max est venu dans ma chambre!...

MADAME V I L A R D - D U V A L

Avec ton consentement?

148 LK UliUALK

Non!... Si!... Je ne sais pas!... En d'autres temps, ce premier maître de mon âme et de mon corps avait eu toute licence de désarmer mes rébellions, mes volontés, mes pudeurs... Toutes les ressources par lesquelles une femme se défend, j'ai senti ne pas les avoir. J'ai cru reconnaître un vertige familier, je ne fus avertie par aucune honte, en me redonnant h un être qui n'était plus qu'un passant!

MADAME VILARD-DUVAL

Rougis et accuse-toi, oui, d'avoir disposé de ta personne sans avoir eu, d'abord, l'honnêteté de rompre un pacte qui, même de mauvais aloi, t'a engagée envers M. Le Breuil. Mais c'est en l'épousant, hors l'Église, par un mariage interdit, que je t'ai vue dans le péché... (Vilard-Diival est entré; et, frappe de l'at/ittide des deux femmes, il écoute à leur insu.) Entre M. de Pogis et toi, il a toujours subsisté un lien, selon moi, indissoluble... En mon âme et conscience, tu n'as jamais eu pour époux véritable que celui dont tu reçus l'alliance au pied de l'autel... Je ne peux pas me détourner de toi, je ne peux pas te déclarer flétrie, parce que tu es redevenue sa femme...

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