ACTE IV, SCENE VIII I
MARIANNE, dans une résistance lUsespéréc. Vous ne devez pas !
GUILLAUME
Un seul ! Un vrai !
Oh ! non ! non !
GUILLAUME
Je te tiens !
MARIANNE, le muselant de ses mains.
Pas vos lèvres!... Malheureux! pas vos lèvres ! . . . (A[ais, Us deux mains devenues captives dans la poigne de Guillaume, elle n'a plus pour défense que ce cri :) L'autre m'a possédée !
GUILLAUME, reculant, avec une rauque exclamation de stupeur.
Hein?
MARIANNE
J'étouffe de vous avoir trahi ! Achevez-moi ! Tuez-moi !
GUILLAUME
Toi ! . . . toi !.. . Réponds vite qu'il y a eu guetapens?... Tu ne t'es pas donnée?
174 LE DEDALE
MARIANNE
Je n'avais rien prévu. Je n'ai rien voulu. La fatalité m'a prise !
GUILLAUME
Cet homme, tu ne l'as pas raimé subitement ? En allant te mettre à sa merci, tu savais que tu l'aimais?
MARIANNE
Non, je ne savais pas!... Je ne saurais expliquer rien!... Je ne sais pas! je ne sais pas!...
GUILLAUME
Tu avoues donc un entraînement des sens, une facilité de fille perdue, de bête en folie?
MARIANNE
Flétrissez-moi!... Oui!... Crachez-moi votre dégoût au visage ! Faites-moi mourir de honte !
GUILLAUME, dans un instant de faiblesse.
La honte, c'est d'être comme moi un lâche qui va pleurer!
MARIANNE
Oh ! j'étais prête pour votre vengeance, mais non pour vos larmes.
ACiE IV, SCÈNi; VIII
GUILLAUME, se rcisahissani.
Tranquillisez-vous! Les larmes sont rentrées. , Quant à ma vengeance, elle est ailleurs. (Il se dirige vers la sortie.)
M A R I AN N K , s'interposttiit.
Où allez-vous?
GUILLAUME
Trouver M. de Pogis.
MARIANNE
Moi seule avais des devoirs envers vous. Ne vous en prenez pas à lui!
GUILLAUME
Vous tremblez pour sa peau ?
MARIANNE
Je ne veux pas que, par ma faute, ce soit vous deux qui vous entr'égorgiez !
GUILLAUME
Nous ne nous battrons pas. Je ne m'étais apprivoisé que pour vous plaire. Vous m'avez rejeté dans la sauvagerie. Je vais chez M. de Pogis pour le tuer!
MARIANNE
Oh ! VOUS ne sortirez pas d'ici avec cette menace effroyable 1
GUILLAUME
Allons! J'ai loin à me rendre. Ne m'entravez pas!
MARIANNE, suspendue à lui et trniitrc sur les genoux.
Piétinez-moi ! Mais je vous retiendrai !
GUILLAUME, lui serrant les poignets pour la détacher.
Vous m'obligez à vous faire mal.
MARIANNE, lâchant prise, avec un grand cri de douleur physique.
Ah!
GUILLAUME, la laissant agenouillée.
Adieu ! (Il sort par le fond.)