‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 87 sur 220 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Une terrasse plantée d'arbres. — Elle est bornée, au fond, par un garde-fou, sur un à-pic. Vers la droite, la barrière rustique s'arrondit en encorbellement : là, sont disposés une t.ible, des sièges.

A droite et à g.iuche, des allées.

A droite, au premier plan, un banc de jardin. ,\ gauche, au premier plan, une table et deux fauteuils rustiques.

Des feuilles mortes par terre. Ç.\ et là, des géraniums en cercle, à la base de quelques gros marronniers.

Dans les arrière-plans, on voit venir un cours d'eau, à brusques tournants, parmi une succession de collines.

Un ciel de fin de septembre, vers l'heure du crépuscule.

SCEn^E TTIE0^IE%E

MADAME VILARD-DUVAL, puis MARIANNE. Au lever du rideau, madame Vilard-Duval est seule, assise devaut la table,

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à gauche, an premier plan. Elle a son panier à ouvrage. Elle travaille. Marianne, venant par une allée de gauche, la rejoint.

MADAME VILARD-DUVAL

Eh bien ?

MARIANNE

Eh bien, leur promenade se prolonge!... Le précepteur n'a pas encore fait rentrer Louis à la maison.

MADAME VILARD-DUVAL

Ils sont partis avec l'herbier, le filet à papillons... Voilà de quoi les avoir entraînés plus loin que tu ne voudrais, sur le coteau. Mais ton fils est en état de bien marcher. Je l'ai ramené solide, de mon voyage, là-bas !

Nous sommes en septembre. Le soleil est couché. Le brouillard commence à s'élever du Rhône.

MADAME VILARD-DUVAL

Ton père est allé au-devant d'eux leur dire de se presser.

ACTi; V, SCÈNK I l8l

MARIANNE

Pourvu qu'il ne soit rien arriv<î!

Mais non I mais non I

Tout, à présent, me fait trembler. Je tremble sans cesse !

Hclas! chère fille! moi aussi, je sors de connaître l'état où l'on tressaille à chaque supposition, à chaque mouvement de l'âme. J'ai passé par là, il y a dix jours, en allant devancer M. Le Breuilau château de Nérange... Quelles étaient mes transes, alors que M. de Pogis me refusait obstinément de se soustraire au crime qui le menaçait !

C'était bien le meurtre, oui, que j'avais déchaîné !

M A DAME \' I L A R D - D u V A L .

Comment ai-je obtenu qu'un homme de bravoure éprouvée se résignât à chercher abri hors de sa demeure, à déloger subrepticement?...

l82 LE DÉDALE

Ah ! j'avais beau répéter qu'il fallait épargner à ton nom le plus horrible des scandales, je me heurtais aux préjugés combatifs et arrogants du caractère masculin!... Que mes prières l'aient emporté, cela reste pour moi miraculeux!... Et lorsque M, de Pogis, dans son départ trop tardif, a presque croisé l'autre, pour qu'il l'ait évité cependant, il y a encore eu là, je t'assure, du miracle!... Efforce-toi donc, Marianne, de mieux t'en rapporter à la Providence. Tâche enfin de reprendre un peu haleine à cette pensée qu'un carnage n'est plus possible, depuis que Max a disparu...

MARIANNE

Disparu!... Voulez-vous que je vous dise le lieu de sa retraite?... Il est sur l'autre rive, (Indiquant un lieu.) dans une auberge, là!

MADAME VILARD-DUVAL

Q.ue m'apprends-tu?

MARIANNE

Oui, grâce aux pourparlers que vous avez eus ensemble, il savait bien dans quelle direction me relancer!

MADAME VILARD-DUVAL

Il est parvenu jusqu'à toi?

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