ACTE V, SCÈNK I l
Non!... Par bonheur, il observe envers moi ce ménagement de no pas me revoir sans que je l'aie permis... Seulement, tous les jours, une lettre de lui m'apporte sa plainte et son appel. Il emploie pour messager un garçon du pays, qui s'ingénie à me rejoindre, dans les allées mêmes de ce parc... Ce matin encore, je voulais ne pas décacheter le pli qui allait réclamer de moi un rendez-vous. Mais, comme d'habitude, j'ai craint de rester alors dans l'ignorance de quelque projet fou, de je ne sais quoi qu'il serait urgent d'empêcher!... Sous cette pression, je lis chaque fois... Et je ne réponds pas !
MADAME VILAKD-DUVAL.
Pourquoi m'avais-tu fait mystère de ces agissements ?
MARIANNE
Ah ! n'aurais-je pas dû aussi bien continuer à me taire?... J'ai cédé à de l'impatience, quand vous m'exhortiez à faire une contenance meilleure. Mais ne vous étonnez pas que j'aie, un certain temps, vécu dans cette dissimulation. Je cherchais à ne pas ranimer entre nous, je ta-
chais d'ensevelir sous du silence, ce que j'ai eu à vous livrer de mon alcôve!... Au moins, je ne veux pas apercevoir dans les yeux de mon père que vous lui auriez reparlé de ces choses! Cachez-lui, n'est-ce pas? que Max est actuellement notre voisin.
MADAME VILARD-DUVAL
A ton gré. . . Mais, puisque tu t'étais mise à me faire un premier secret, n'en as-tu pas un autre?... Depuis que la crise a éclaté entre Guillaume et toi, es-tu réellement sans nouvelle de lui?
MARIANNE
Oui!... Aucune nouvelle!
MADAME VILARD-DUVAL
Il y a eu déjà une semaine, avant-hier, qu'il a pris sa course sinistre!... Que prépare-t-il?... Qu'est-ce qu'il est devenu?...