ACTE V, SCÈNE II
MARIANNE
Je pensais que nous n'avions plus rien à nous dire!
MADAME VILARD-DUVAL
Oiicl motif vous a-t-il donné de sa démarche ?
Je ne l'ai pas questionné. Je n'ai pas cru devoir toucher, moi-même, à la plaie de son âme.
MADAME VILARD-DUVAL
Au moins, quel est son air?
VILARD-DUVAL
Le visage est ravagé... Les yeux se détournent, comme pour ne pas laisser voir combien ils ont pleuré.
MARIANNE, iiaviée.
Ah!...
VILARD-DUVAL, à ^fll lia u ne.
Décide la réponse que j'ai à lui rapporter.
l88 LE DÉDAI.1-:
MARIANNK.
C'est si douloureux de me remettre en face de lui !
MADAME VILARD-DUVAL
N'hésite pas cependant à le recevoir tout de suite. Il resterait à rôder dans les environs.
MARIANNE, à sa vicie.
Vous avez raison. (A son père.) Faites-le venir.
VILARD-DUVAL
Bien, ma fille!... Je retourne clicrchcr Guillaume, et je le conduis à la maison.
MARIANNE
Oh! non!... N'éveillons pas la curiosité des gens de service et leurs commérages... Puisque le visiteur va entrer par la petite grille, il n'a qu'un pas à faire pour me trouver sur cette terrasse.
MADAME VILARD-DUVAL
Mais on y est déjà presque dans la nuit !
MARIANNE
Pour les paroles qui sont à échanger, mieux vaut ne pas se voir.