ACTE V, SCENE VII I
LE JKUNK PAYSAN.
\^ous n'êtes pas du pays pour me demander ça.
GUILLAUME
Q.ue voulez-vous dire ?
LE JKUNK PAYSAN.
J'ai amarré loin. J'ai traversé en amont. On n'accoste pas droit d'en face, contre les roches où vous êtes, sans avoir d'autres bras que les miens. Il faut, à cet endroit, des bras d'homme sur les rames.
Pourquoi ?
LE JEUNE V.WSXi}, indiquant î'abiine.
Vous entendez clapoter le tourbillon ?
GUILLAUME, avançant pour écouter.
Ça?
LE JEUNE PAYSAN
Le gouffre est à pic. Quand on se fait prendre ici, on ne reparaît plus ni vif ni mort. Cette eau-là ne rend pas les corps !
190 LE DEDALE
GUILLAUME
C'est bien !
LE JEUNE PAYSAN
Figurez-vous qu'une fois...
GUILLAUME
Assez!... Allez-vous-en!
LE JEUNE PAYSAN, craintivement.
La lettre ?
GUILLAUME
Je m'en charge.
LE JEUNE PAYSAN
Vous ne serez pas cause que j'aie des ennuis ?
GUILLAUME, violevimeiit.
Ah! ça! t'en iras-tu?
LE JEUNE VAY S AN, dominé tout à fait par le ton.
Oui, bien sûr!... Après tout, ça ne me regarde plus ! (Il s'en retourne par le sentier de droite.)
Acii; V, SCÈNE IX 199
SCÈ'H.lî VIII
GUILLAUME, seul, après une courte hésitation avant d'ouvrir lui-uihne la lettre.
Est-ce que j'ai à me gêner! (Il dkbirc l'enveloppe.) Ah !... Marianne n'a pas accepté de le revoir 1 Mais il s'obstine!... Il se promet de réussir... (Lisant.) « ...Il y a un moyen de nous rencontrer sans vous compromettre. Je viendrai vers la tombée du soir sur cette terrasse dont nous avons, jadis, tant aimé les solitudes. Vous m'y attendrez, vous me recevrez, si vos 3'eux, si votre voix, si votre cœur, dans cette nuit de Nérange, ne m'ont pas menti!... » (Parlé.) II va venir ! . . . C'est bien ! . . .
SCÈTLE IX