‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 97 sur 220 · ACTE V, SCÈNE IX 20I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IX 20I

que je m'autoriscrni à en savoir encore, c'est que vous avez méprisé la ruse familière à tant de femmes, quand il vous était si facile de m'abuser. Je vous regarderai, respectueusement, comme un être d'exception qui avez fait preuve de la plus brave loyauté. Je m'en veux d'avoir été pour vous outrageant et brutal. Je vous demande l'oubli comme je vous l'apporte... Oublions!... Je vous en prie, oublions!...

MARIANNE

Il se peut que votre pardon soit sans réserve, et je vous en admire ! et je vous en remercie ! . . . Mais, moi, je n'oublierai pas, je n'aurai pas la puissance d'oublier!... Rappelez-vous que j'ai devant vous hésité, l'autre jour, au seuil de mon aveu, dans une terreur de ses conséquences. Mais vous n'avez eu qu'à m'enlaccr de vos bras et à chercher mes lèvres avec les vôtres pour m'inspirer une épouvante plus forte encore. Et la vérité est sortie de moi dans un cri d'agonie, parce que, sous le contact, je sentais se mêler à mon sang le froid éternel de ce qui, entre nous deux, est mort !

GUILLAUME

Ne dites pas cela !

LE DEDALi;

MARIANNE

Je VOUS dis de ne pas exiger l'impossible. Je ne peux plus vous appartenir. Je ne serai plus à vous !

GUILLAUME

Jamais ?

MARIANNE, avec une autorité sans appel.

Jamais I Jamais !

Oui-da ! . . . Vous avez donc échafaudé tout un plan déjà de nouvelle existence. Et si je ne démolis pas cela, vous comptez y faire la place à M. de Pogis?

Vous me méconnaissez, Guillaume!... Mes droits à être aimée, mes droits à votre amour ou à l'amour d'un autre, je les ai gâchés, souillés, déchirésk.. Mais je reprends mon dernier lambeau de fierté, dans un renoncement farouche à toutes les pensées, à toutes les choses qui, en moi, seraient la femme encore. Je n'ai plus qu'à me dévouer uniquement à mon rôle de mère. J'implore de vivre avec mon fils, de

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