‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 122 sur 134 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Quelle misère ! Ceux qui nous ont donné la vie, c'est donc à peine si nous nous retournons quand, derrière notre dos, la mort les fauche. Mais quand, en avant de nous, c'est notre enfant qu'elle vient prendre, c'est-à-dire notre propre ouvrage, la création personnelle dans laquelle nous nous mirons, alors notre égoïsme ne se console plus !

SABINE

Mon ami, je vous plains de tout mon cœur de mère, avec tout ce qu'il y a en moi de tendresse de femme, avec tout ce que j'ai eu d'amour !

Le destin n'aurait-il pas été plus clément s'il n'avait fait adhérer à votre lettre, par une lettre de très loin, et s'il nous avait épargné cette entrevue, où la dissimulation ne me fut pas permise?

SABINE

Non ! Ne regrettez pas cet instant. Depuis quatre années, mes tristesses avaient souvent médité que je sortirais de ce monde sans vous revoir. Je vous ai revu, une dernière fois. C'est plus que je n'ai mérité en venant ici. (Didier

se montre au seuil du chalet.) Voici mon gendre. Je vais vous laisser avec lui, pendant que j'irai m'assurer d'une voiture de départ pour le jour prochain.

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