‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 15 sur 134 · ACTE II, SCÈNE VI 6l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI 6l

J'entends encore Giselle déclarant, il y a quelques heures, qu'elle n'était pas de caractère à jamais convenir d'une pareille faute... Mais l'idée fixe qui t'aveugle te retire aussi la mémoire.

GÉRARD

Non. Je me rappelle, en effet... Mais, pourtant, tu ne supposes pas que si Giselle a trahi ses devoirs, elle pousserait l'infamie jusqu'à vouloir te compromettre à sa place ?

LÉON o RE.

Qui sait jamais de quoi une femme peut devenir capable pour tenter de sauver son amant !

SCE-X.E VI Les Mêmes, RAYMOND

RAYMOND

Giselle dormait.

62 l'énigme

GERARD

Tu en es sûr ?

RAYMOND

Elle était si ensommeillée que d'abord elle ne saisissait pas le sens de mes paroles. Mais, dès qu'elle s'est rendu compte qu'il y avait eu prétexte à l'incriminer, elle a bondi... Elle vient.

LE ON OR E, tendant les bras vers Gérard.

Ah!

GÉRARD

Tu es bien sûr qu'il n'a pu y avoir aucune feinte de sa part ?

RAYMOND

Sur quoi te fondes-tu pour insister de la sorte?... Que s'est-on raconté ici pendant mon absence?... Est-ce que Vivarce?...

Il n'a rien voulu répondre.

RAYMOND

Il semblerait cependant que vous êtes tombés d'accord sur quelque chose.

(Un temps.)

ACTEII, SCÈXEVII 63

GÉRARD, marchant vers son frère.

Toi et moi, nous sommes réunis pour ne nous dire que de la vérité.

RAYMO XD.

Bien entendu. Quoi?

GÉRARD

Eh bien! Giselle a tenu, ce soir, de fort étranges propos.

RAYMOND

A qui le dis-tu ! . . . Malgré les apparences que je viens de voir, qui devraient me calmer, ce souvenir me hante et me harcèle !

SCE'X.E Vil Les Mêmes, GISELLE.

LÉONORE

Ah !... la voici!

GISELLE

Qu'est-ce qu'on me veut? (A Gérard.) Qu'a-

64 L ' i; NM G M E

t-on osé dire contre moi?... Quoi?... (A Raymond.) Je ne comprends pas. Je ne peux que me taire. Je laisse la parole à ceux qui auraient à parler.

GÉRARD, à Gisclle.

C'est tout ? Vous pensez qu'il n'en faut pas davantage pour vous justifier? Vous croyez pouvoir vous en tenir là?

GISELLE

Oui.

RAYMOND, à Lconore.

A vous, alors!... Si la parole ne vous fait pas peur, défendez-vous !

LÉONORE

Non!

VIVARCE.

Elles ont raison ; elles ne doivent que du silence à votre aberration !

RAYMOND

Nous ne confronterons utilement nos femmes qu'après avoir écarté un moment celui-là. Sa présence ajoute une force à celle des deux qui se joue de nous, de concert avec lui. (A Vivarce.)

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