ACTE I, SCENE III
en me prononçant plus tôt que je ne devrais, et en voulant faire commencer notre union dès maintenant, pour ainsi dire... Oui, cet -^.imiversaire de ma naissance que, d'aussi loin qu'il m'en souvienne, l'on me fête avec des cadeaux, des fleurs, dans un cercle d'amitiés, oui, ce jour, je me suis accoutumée à le regarder venir, chaque année, comme mon jour favorable. Voilà pourquoi je l'avais choisi entre tous pour m'y faire accorder à vous, et c'est aussi pourquoi je n'y ai pas résisté à l'élan de me promettre.
DIDIER
Vous me rendez fou de joie ! Je voudrais tomber à genoux, crier mon bonheur !
MARIE- JE AXXE.
Chut !... Ce soir, dès que nos invités seront partis, je parlerai à mère de façon à la convaincre.
DIDIER
Moi, je pars tout de suite.
MARIE-JEAXNE.
Qui vous presse ?
DIDIER
Ah ! je ne saurais plus, à cette heure, faire
la conversation de personne. J'aurais plutôt envie de bousculer l'importun qui peut survenir... Je vous emporte en moi. Je serai plus avec vous, mieux avec vous, tout seul, dehors, à marcher au hasard, dans l'ivresse de l'espérance... et des appréhensions!
MARIE-JEANNE
z rie:
moi, je vous aime
Ne craignez rien. Mère vous aime bien. Et
DIDIER
Marie-Jeanne, jurez-moi qu'avant deux mois nous serons mariés !
MARIE-JEANNE
Oui !... oui !
DIDIER
A bientôt!
MARIE-JEANNE
A demain ! (Didier lui baise la iiiain et sort par la droite.)
ACTEI. SCENEIV I47
SCÈ-X..E IV
MARIE-JEAXNE, LÉONIE, entrantpar le fond. Cette dernière est en corsage montant et en jupe demi-courte.
LÉONIE
Je te cherchais pour causer un peu avec toi, avant de m'en aller.
MARIE-JEAXNE.
Comment? Léonie, tu t'en irais déjà?
LÉONIE
Tu sais combien maman est toujours pressée d'arriver au bal ! Si ce n'était que moi, je n'aurais guère le goût du monde... dans des toilettes comme celle-ci!... C'est pourtant à force de danser des cotillons que me voici en passe de me marier, peut-être. Mais quelle humiliation qu'il me faille expliquer à chaque valseur que j'aurai bientôt dix-neuf ans! (Indiquant son corsage fennè.) Ça ne se voit pas!
LA COURSi: DU FLAMBEAU
MARIE-JEANNE
Tu devrais déclarer que puisqu'il en est ainsi, tu préfères rester chez toi.
LÉONIE
Papa m'en empêche. Il défend à maman de sortir, le soir, sans moi !
SCn'ME V
MARI]-:-]]- ANNE, LÉONIE, MA- DAME PONTHIONNE ^u loilelte plus jciuic que son âge, J I R B I N .
MARIE-JEANNE. D'un signe discret à Lèonic, elle désigne les deux personnages qui entrent par le fond.
Monsieur Jirbin n'a donc pas encore fait demander ta main à madame Ponthionne?
Il n'ose pas, crois-tu ! Maman le paralyse ! (Marie-Jeanne et Lèonie continuent de s'entretenir tout bas.)