‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 53 sur 134 · SCE'X,E III MARIE-JEANNE, DIDIER · texte numérisé non relu

SCE'X,E III MARIE-JEANNE, DIDIER

Quelle tasse désirez-vous?

DIDIER, en prenant une.

Voilà qui m'est égal !

MARIE-JEAXXE.

Grand'mère a eu l'air de se moquer de nous. Est-ce que vous lui auriez donné l'éveil?

DIDIER

Non. Je me suis contenu vis-à-vis d'elle, comme sur votre ordre, je n'ai cessé de me contenir aussi vis-à-vis de mon père. Mais je suis en ébullition !... Depuis que vous m'avez laissé vous confier mon projet de vous deman-

dcr en mariage, vous-même avez fixé la date à laquelle vous consulteriez votre mère. Cette ate était celle où vous entreriez dans votre dix-huitième année. Marie -Jeanne, nous y sommes aujourd'hui ! Pour me comprimer je n'ai plus le sentiment de l'échéance à venir. Je ne vois plus cette borne que vous aviez dressée contre mon impatience, ainsi qu'une sorte de fétiche !

MARIE-JEANNE

Mon cher Didier, si, après notre conversation, j'en ai quelque temps gardé entre nous le secret, c'est que je n'ai pas voulu émouvoir mère, à mon sujet, avec une promptitude qu'elle aurait pu déclarer irréfléchie. Je serai désormais en droit de lui répondre, sincèrement, que j'ai consulté tout ce que j'ai de raison, et tout mon cœur.

DIDIER

Oh! vous ne m'aviez encore permis qu'un peu d'espoir ! Avez-vous bien pesé le sens définitif, l'engagement formel qu'il y a dans les paroles que vous venez de prononcer ?

J'obéis, en effet, à un peu de superstition.

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