ACTE II, SCENE VI
SABINE, la prenant dans ses bras.
Ma petite!... Ma pauvre enfant!
MARIE - JEANNE
Ce n'est pas moi qui suis intéressante, c'est Didier... Que de mauvais sang il se sera fait en cachette ! Comme il est courageux ! comme il est tendre! Où est-il? C'est encore son terrible travail qui l'aura réclamé, et qui m'empêche de me jeter à son cou !... Enfin, puisque nous savons tous la vérité, il touche au terme de ses maux... Vous l'avez réconforté?
SABINE
Quand il est parti, mon entretien avec ta grand'mère n'avait pas encore eu lieu.
MARI E-JE ANNE
Les choses sont arrangées?
Non!... Maman m'a opposé un serment que mon père mourant a eu, paraît-il, la prudence de lui dicter. Elle ne donnera aucune commandite. Je me suis heurté à un formel refus.
MARAVON.
Diable !
MARIE-JEANNE
Ma petite mère, quand un vaillant et honnête homme, tel que Didier, recourt à sa famille, ce qu'il demande, si on le possède, on le lui doit !
SABINE
Mes instances n'ont réussi qu'à faire quitter la place à ta grand'mère. Elle s'est retranchée dans son obstination, par là-bas. Mais, je ne te conseille pas de la relancer à ton tour, je la sens irréductible!...
MARAVON .
Alors, c'est la catastrophe.
MARIE-JEANNE
Mère, vous empêcherez cela! Vous n'allez pas abandonner Didier, Qu'est-ce que vous allez faire? Trouvez!... Dites!...
SABINE, à Maravon.
Voyons ! Quoique je n'aie aujourd'hui aucune fortune à ma disposition, je représente toutefois, dès à présent, ce que j'aurai, — je viens d'y penser, — quand maman seramorte.^
MARIE-JEANNE
Mais oui! vous pouvez emprunter!