‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 85 sur 134 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

MARAVOX.

Vous n'obtiendrez pas d'argent, ou ce ne serait que chez les usuriers, et en quantité dérisoire. On vous expliquera que madame Fontenais peut prendre en faveur de sa petite-fille des dispositions qui frustreraient, plus ou moins, votre créancier. On vous objectera surtout que, si vous mouriez avant votre mère, vous n'auriez jamais hérité, et qu'en ce cas, il n'y aurait plus personne, ni rien pour payer votre dette.

MARIE -JEANNE

Mais, je peux, de mon côté, garantir la signature de mère. On ne prétendra pas, sapristi ! que grand'mère va nous enterrer toutes les deux.

MARAVON.

Vous hériterez, vous, sous le régime dotal. Ce que vous auriez reconnu devoir, c'est la loi elle-même qui vous interdirait de l'acquitter. Votre signature ne vaut donc rien non plus.

MARIE-JEANNE

Mon Dieu ! Être incapable de racheter l'âme en peine qui se tourmente là-bas, qui, je le sens, se tourmente surtout pour moi !

MARAVON.

Je vais informer mon fils de ce qui s'est passé chez lui depuis que nous nous sommes quittés.

MARIE-JEANNE

Dites-lui que je ne vous accompagne pas pour ne point lui porter de trouble devant des étrangers. Dites-lui que je l'aime de tout mon cœur, que je l'aime encore plus! que je l'attends! (Maravon sort.)

Page 1