ACTE II, SCENE V
chez nos amis; j'aurais certainement recueilli, de divers côtés, des participations quelconques. Mais je ne puis me présenter chez personne en disant: « Combien voulez-vous mettre? Ma mère ne met rien ! »
MARIE-JEAXXE.
Nous n'avons pas le choix des mo3'ens. Essayons toujours de celui-là.
SABINE
Il faudrait avoir des amis comme il n'y en a guère, et comme nous n'en avons pas.
MARIE-JEAXXE.
Vous avez un ami, ma mère... qui est très riche... qui vous aime beaucoup...
SABINE
Moi?
MARIE-JEAXNE.
Un ami qui a voulu vous épouser...
SABINE
Oh! Marie-Jeanne!... Dans un moment où je suis déjà si énervée, si endolorie, ne touche pas à ce souvenir... L'ami auquel tu fais allusion, je ne l'ai plus. J'ignore où il est, et ce qu'il est devenu.
MARIE- JE ANNE
Comment est-ce possible qu'après avoir ctc lies dès l'enfance vous n'ayez pas conservé ensemble une correspondance au moins de courtoisie?
SABINE
Je lui ai jadis écrit pour lui apprendre que ton mariage venait de se décider. J'espérais une réponse... je ne sais quelle réponse. J'aurais dû m'abstcnir, car il m'avait exprimé sa décision de ne plus entendre parler de moi. Il s'est tenu parole. Ma lettre m'est revenue sans qu'il l'ait décachetée.
MARIE-JEANNE
Il a eu cette attitude dans la première période de dépit. Il doit être redevenu abordable. Je crois me rappeler que sa propriété de famille, en Amérique, s'appelait Blanche-Côte?
SABINE
Oui.
MARIE-JEAN NE
C'était près de la Nouvelle-Orléans, n'est-ce pas?... dans l'État de Louisiane.