ACTE II, SCEXE VII
SABINE
Oui. Mais qu'importe cela?
M A R I E - J E A N N E , allant vers des livres.
Didier a sur son bureau un dictionnaire d'adresses pour l'étranger. Je vais voir si celle dont nous avons besoin y figure. L'exemplaire est de cette année.
SABINE
Je t'en prie, ne cherche pas. Laisse ce livre... Ne tente rien qui rouvre un passé que j'ai tout fait pour oublier !
Voilà!,., j'y suis : « Blanche-Côte, exploitations de mines de sel et de mines d'argent, cultures de coton et de sucre, propriétaire : Stangy. » Entre parenthèses, les initiales N. G.
SABINE
Norbert-Georges ! . . .
Le voilà donc retrouvé! C'est bien lui. Approchez-vous. Regardez vous-même.
SABINE, cédant à cet appel.
Il me semble épeler, sur un tombeau, un nom qui me fait battre le cœur,
MARIE-JEANNE
M. Stangy est bien vivant!... Son activité, vous en lisez la preuve, brasse évidemment une foule de capitaux, avec le geste large qu'on a dans le Nouveau-Monde. De plus, puisqu'il vous a offert de vous épouser, nul n'est mieux désigné que lui pour avoir de la confiance en vous, pour se contenter de votre garantie, pour être empressé à vous rendre service... A tous les points de vue, il m'apparaît comme l'être providentiel chargé de notre salut. Hcrivez-lui une longue lettre bien explicative. Il a le temps de la recevoir et de répondre... Ma petite mère, voici une plume, de l'encre, du papier. Dépêchez-vous d'écrire à monsieur Stangy.
SABINE
Me rappeler à lui par une demande d'argent!... Lui réapparaître sous les traits d'une quémandeuse, d'une connaissance d'autrefois, qui se fait importune!... Oh! non! vois-tu!... Je tiens à croire, pour me compenser d'avoir