ACTE II, SCEXE VII
Stangy. Au lieu qu'il nous soit devenu un étranger auquel vous n'osez pas recourir, il pourrait être ici, avec sa fortune, et, pour assister mon ménage, il serait mon beau-père !
SABINE
Tu m'accuses de t'avoir fait du tort ?
MARIE-JEAXXE.
Oh! je ne vous accuse pas. Si vous vous êtes trompée, je sais bien que c'est par excès d'affection pour moi. Mais je m'affole à l'idée que nous n'aboutissons à rien, que je vais reparaître devant mon Didier les mains vides, au lieu de pouvoir lui dire : « Espère ! regarde, il y a déjà ceci de fait. » Alors, songeant au sacrifice exagéré que, dans un autre temps, vous avez cru bon d'accomplir, je ne puis m'empècher d'apercevoir qu'il retombe, à présent, sur ma destinée.
SABINE
Assez, Marie-Jeanne. Du moment que tu en juges ainsi, c'est bien. Je vais essayer de réparer, vis-à-vis de toi, la faute que tu m'attribues.
Ah ! chère mère, je ne saurais regretter mes
paroles, puisqu'elles me valent d'avoir à vous remercier une fois de plus... L'une et l'autre, nous ignorons quelle chance vous avez de réussir. Mais, parmi les vœux que je forme, il en est un qui me vient, pour la récompense de votre peine.
SABINE
J'ai pris le parti d'agir, sans plus d'espoir d'être jamais récompensée.
Permettez-moi pourtant de vous dire la petite idée que votre agitation, tout à l'heure, le son de votre voix, m'ont inspirée. Cet ami, plus cher que je ne m'en doutais, auquel vous aviez renoncé par tendresse maternelle, c'est peut-être votre fille, en vous contraignant à écrire cette lettre, qui va vous le ramener...
SABINE
Tu imagines que Stangy pourrait revenir? Où vas-tu chercher une pareille supposition? Quelle démence!... J'admets qu'il ne m'en veuille plus, qu'il se prête obligeamment à fournir une solution pour les embarras dont je l'aurai informé... Mais c'est tout!... Ses occupations sont organisées. Nous ne savons