‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 92 sur 134 · LA FEMME DE CHAMBRE · texte numérisé non relu

LA FEMME DE CHAMBRE

Oui, monsieur. (Elle sort.)

SCE'K.E ni

MARAVON, MADAME FOXTE-

NAIS, entrant sans le voir.

MADAME F O N T E N A I s .

Eh bien, Jenny?... en finirez-vous? (Apercevant Maravon.) Vous ici, à dix heures du matin? J'aime à croire que ce n'est pas en vertu d'un mot d'ordre, pour me faire, à votre tour, votre scène ?

M A RAYON

Non! ma vieille amie. Ce n'est pas vous que je viens voir, c'est mon fils, qui n'a pour demeure que la vôtre, depuis qu'il a été mis en faillite, avec votre assentiment.

MADAME F ON TEK Aïs.

Vous avez du reproche au bout des dents. Est-ce que je vous reproche, moi, les tracas dont votre garçon a gratifié ma famille? Lui

ai-je adressé, à lui-même, le moindre mot de blâme? un seul mot sévère?... Je lui ai dit : « Vous et votre femme, venez chez moi, vous y serez chez vous. » Or, c'est bien vrai qu'ils sont ici chez eux; mais je n'y suis plus chez moi... Hier au soir, j'ai dû fuir de cette pièce, devant l'assaut que me livraient à la fois ma fille, ma petite-fille et mon petit-gendre !... On ne cherche plus à m'ahurir avec la perspective de la faillite, puisqu'elle est arrivée, et que la terre ne s'est pas entr'ouverte, et que, Dieu merci ! nous sommes tous vivants. Mais on m'attaque avec un nouveau prétexte : l'obtention du concordat de votre fils, pour lequel on prétendrait me faire aligner, au plus juste prix, cent mille francs.

M ARA VON

Madame Fontenais, si la faillite de Didier n'a causé la mort de personne, je puis vous dire que c'est grâce à Marie-Jeanne, grâce à madame Revel, et grâce à moi. Il y a eu plusieurs jours pendant lesquels, si l'on avait quitté d'une minute mon malheureux fils, il n'aurait fait qu'un bond de son domicile làbas, jusque dans la Seine. A trois que nous étions, nous avons eu la force de le faire se

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