ACTE III, SCENE VI
Laissez là ces imaginations déréglées. Soyons sérieux ; notre fils ne travaillera jamais bien à nos côtés. Vous l'aimez trop, d'une façon trop passionnée. Vous ne savez jamais être assez sévère.
IRÈNE, indignée.
Et VOUS voudriez charger des gens d'être sévères pour lui!... Un pauvre petit enfant, dont je n'ai pas encore osé croire que, moi, sa mère, je réussirais à le faire vivre, à l'élever... Mais il a sans cesse besoin que je veille auprès de lui! Pour un rien, il tousse!... Souvent, je me lève la nuit, et je le trouve dans des transpirations qui m'épouvantent. . .
C'est cela que je déclare fâcheux, même un peu ridicule. C'est votre luxe de précautions qui l'étiolé, ce petit bonhomme. Il ne s'en portera que mieux, dès qu'il sera moins dorloté.
IRÈNE
Mon fils ne me quittera pas.
FERGAN
Mon fils suivra mon exemple. A son âge, il y avait déjà deux ans que j'étais en pension. Il fera comme les enfants de nos voisins de châteaux, de tous les gens de notre monde. Il viendra ici le dimanche. J'irai le voir souvent. Vous irez chaque fois que vous voudrez... et que l'état de nos- chevaux le permettra...
IRÈNE
René est malade, vous dis-je, gravement malade. Son existence est en question... Je le sais, moi! Les médecins me l'ont dit...
FERGAN
Quels médecins?
IRÈNE
Tous!.., Tous ceux que j'ai pu consulter dans les environs.
FERGAN
Vous avez fait cela?... En cachette?...
IRÈNE
Oui!...