‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 134 sur 176 · ACTE I, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XIII

près de moi... N'est-ce pas, monsieur de Nohan, si vous aviez deviné cette détresse, vous seriez resté là pour me remonter le moral?

NOHAN, 1res ému.

Ah ! mademoiselle, je suis à la fois pire et meilleur que les apparences ne peuvent vous en donner l'idée. Mais au milieu de tout cela, prenez l'assurance que j'ai pour vous un dévouement... suprême.

Vrai?... Merci!... Alors, je vous en prie, dans un temps où vos amis de Ligueil ont tant de bontés à mon égard, ôtez-moi la conviction, et ne la leur laissez pas prendre, que c'est ma présence chez eux qui vous en écarte... Venez les voir... D'ailleurs vous n'êtes pas exposé à me rencontrer : je suis perpétuellement dans mon atelier, au troisième étage.

NOHAN

Vous travaillez beaucoup ?

RÉGINE

Je voudrais acquérir assez de talent pour en

vivre matériellement... et moralement, puisque je suis condamnée à rester fille... et à devenir vieille fille.

NOHAN, comme malgré lui.

Pourtant...

RÉGINE

Pourtant quoi?...

NOHAN

Je sens que je suis gravement mdiscret... Mais nous causons avec tant d'intimité... Ne croyez-vous donc pas que vous épouserez le baron Missen?

RÉGINE

Il ne m'a jamais exprimé une intention de ce genre.

NOHAN, nerveusement.

Mais il vous fait la cour... Il n'est pas possible qu'il ne vous ait point laissé entendre... (Avec jalousie.) qu'il VOUS aimait.

RÉGINE, avec une moue faiblement négative. Oh!

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