‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 143 sur 176 · ACTE II, SCENE II 3O · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II 3O

NOHAN, exatninant encore la toile.

Ah! c'est bien toi... Elle t'a tout de même rapetissé la bouche et puis agrandi les yeux.

La critique est aisée, être modèle est difficile. (Il va ranger le tableau, et négligemment.) Est-ce que tu as quelque chose de particulier à dire à Régine ?

NOHAN, cvibarrassé.

Heu!... Non... Pourquoi?

LIGUEIL.

Parce que te voilà ici de très bonne heure... Et comme tu es déjà venu la voir avant-hier, et que, la veille, tu étais venu nous retrouver dans notre loge, à l'Opéra, et causer longuement avec elle...

En effet... Mais que trouves-tu à cela de mauvais?

LIGUEIL.

Je serais désolé de te faire à nouveau de la peine, et je me garderai de revenir sur le passé.

C'est la méchanceté du monde qui m'a appris ta déplorable erreur; mais de toi, mon frère d'armes, mon cadet, je n'ai voulu connaître et je ne puis me rappeler que ton repentir. Seulement, laisse-moi te parler, avec tout mon cœur, du présent.

NOHAN

Du présent?

LIGUEIL,

Oui, du présent, et aussi de l'avenir. Où veux-tu en arriver?

NOHAN

Moi?... en arriver?

LIGUEIL.

Après notre douloureux entretien du mois dernier, j'avais lieu de croire que tu persévérerais dans la mesure de tact qui t'avait fait, depuis longtemps, t'exiler de notre maison. J'en soutïrais autant que toi ; mais je reconnaissais que cela devait être tant que M'ie de Vesles séjournerait ici... Et ces raisons, je les avais fait approuver par M"ie de Ligueil.

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