‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 144 sur 176 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

NOHAN

Comment ! toi ! tu m'as dénoncé à ta femme I

LIGUEIL.

Ah! mon cher, d'abord, ma femme, je lui dis tout.

NOHAN

Je comprends alors pourquoi elle a tant changé à mon égard!

LIGUEIL.

Convenait-il de lui dissimuler ce que personne, parait-il, n'ignore autour de nous?

NOHAN

C'est vrai ! tout le monde est au courant des imbécillités criminelles que, un jour, en effet, j'ai eu la folie de conter, (à part) de chuchoter pl'Utôt. Moi, il y a des moments où je me demande si réellement je les ai dites, si j'ai été cet homme dont je suis tellement lom aujourd'hui.

LIGUEIL, montrant une émotion.

Et le mal de... ce que tu as fait, au lieu de s'atténuer, va certainement s'aggraver lorsque

se sera répandue la nouvelle que, depuis quelque temps, tu es si galant, si fréquent auprès de Régine. (Mine résolue de 'Nohan.) Oui, je sais, tu feras taire le premier imprudent. Et comment cela ? Tu déclareras que tu ne permets aucun propos à ton sujet sur M'ie de Vesles, et que tu la respectes profondément ! Ce n'est pas cela qui diminuera le nombre des rieurs.

Si ceux dont tu me prédis les gorges-chaudes pouvaient lire en mon âme, je leur ferais plutôt pitié! Certes, je ne songe pas à professer ma foi dans la parfaite vertu de Régine de Vesles. Ce serait presque vouloir outrager à nouveau, sous une autre forme, celle dont on ne peut se rapprocher sans que l'on ne respire aussitôt le parfum d'honnêteté qui s'exhale d'elle. Mais je suis prêt à confesser à tous que j'aime cette charmante fille, comme ils s'en aperçoivent peut-être, (avec feu) seulement, que je l'aime comme ils ne s'en doutent pas!

LIGUEIL.

Ah! mon cher... mon pauvre ami! tu me fais beaucoup de peine. Je voudrais t'adresser les encouragements que tu espérais peut-être ;

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