‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 153 sur 176 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

NOHAN

Le baron Missen.

RÉGINE, interloq tice.

Vous avez dit que le baron Missen me faisait la cour? (Assentiment de Noban.) D'ailleurs, vous me l'avez dit à moi-même. Vous n'avez pas prétendu, au moins, que je l'aie encouragé? (Signe d'assentiment.) Ah! cela n'est pas bien, c'est mal, c'est très mal, cela me fait beaucoup de peine!... Et à qui avez-vous dit cette méchanceté?

NOHAN

Peu importe, puisque ensuite tout le monde l'a connue.

RÉGINE, insistant.

Je veux le savoir.

NOHAN

C'était à M"ie de Maudre.

RÉGINE, se mordant les lèvres.

Ah! je commence à m'expliquer ses airs, certaines de ses mines... Vous avez été bien léger, mon ami, bien inconsidéré! Mais tâchez de me faire oublier ceci, voulez-vous?

J'irai Jusqu'au bout, parce que je trouve en moi la force de l'iiomme qui donne à celle qu'il aime la plus grande et la plus horrible preuve d'amour qui se puisse imaginer. J'aurais pu ne rien vous dire et peut-être n'auriez-vous jamais rien su de cela. Et si vous aviez jamais appris quelque chose, j'aurais eu beau jeu à mentir, à nier, à bâillonner plus tard votre interrogation, d'un de ces baisers dont je me suis vu si près tout à l'heure et dans lesquels j'aurais pu préférer me taire à jamais !

RÉGINE, palpitante.

Que voulez-vous ajouter encore?

J'ai dit que le baron Missen était votre amant !

REGINE, n'ayant pas d'aiord l'air de comprendre ce qu'elle entend.

Mon... oh!

NOHAN, hors de lui.

Voilà ce dont j'ai été capable (Se frappa ni la poitrine et s' agenouillant.) Et ce dont je VOUS demande pardon à genoux !

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