ACTE III, SCENE XI
auprès de notre malade, comme garde... (avec
un sourire tnoqucur) laïque.
RÉGINE
Pourquoi avez- vous l'air si gai? Vous vous retenez de rire; et malgré vous, cependant, vous riez... Tenez, vous riez! vous riez!
L I G U E I L , redevenant circonspect.
J'ai le contentement de vous avoir trouvés en belle harmonie... assez en accord...
RÉGINE, modestement.
En accordailles.
Ah! si tu savais la preuve d'abnégation... et d'amour, la minute d'émotion immense qu'elle vient de me donner!... Je voudrais un avenir sans fin pour tâcher de lui rendre cela!
Bah! (A Régine.) Petite amie, votre charme a donc opéré? (A Nohan.) Ainsi, tu te résignerais à l'existence? (A Régine.) Annoncez donc à votre fiancé que désormais son médecin nous répond de lui.
NO H AN , dans une explosion de larmes.
Régine! et toi, mon bon Ligueil! pardon C'est honteux... c'est lâche... et c'est bon!
RÉGINE, palpitante de joie.
Vite, expliquez-moi pourquoi il ne peut plus mourir ! 11 y a un instant, n'écoutant que mon instinct, j'avais une superstition qui me faisait être aveuglément confiante ; et, à présent que je devrais m'en reposer sur des raisons, sur ma raison, j'ai la tête qui tourne... et je ne vais plus savoir comprendre ce que j'avais su deviner.
Diable! je professe médiocrement... Tout ce que j'ai retenu, c'est qu'un engorgement s'est dissipé (indiquant un côté de son cou) par ici, sans amener d'hémorragie (indiquant l'autre côté) par là... (Cherchant ses mots.) Flux artériel... anastomoses... Bref, Dubois du Cher le considère comme tiré d'affaire.
Et le docteur Dubois du Cher, c'est un savant, n'est-ce pas, un grand savant?