ACTE III, SCEN'E X
SOUS prétexte d'un entraînement ou d'un calcul de ma part, toute belle et riche que vous soyez.
Je dois être bien laide, à force de pleurer! Et depuis hier, j'ai signé la renonciation à la fortune qui m'était échue.
NOHAN, avec une vive émotion .
Est-il possible? Régine! mon Dieu! Comment avez-vous fait cela ?
Je ne voulais reparaître devant vous que redevenue celle dont vous n'aviez reçu aucune douleur. Et... si j'avais été condamnée à ne jamais vous revoir... j'étais ainsi prête, mon cœur mort, ma vie finie, mes mains vides, à prononcer les vœux de pauvreté et de retraite éternelle.
NOHAN, très ému.
Oh! vous n'auriez pas du!... Et pourquoi me l'avoir appris? Ce n'était point trop de toutes les raisons que je vous donnais... pour être raisonnable... Vous m'ôtez une force, vous me remphssez de tendresse... J'ai une joie en
moi! Je ne sais plus où j'en suis... Maintenant je voudrais... (Avec une reprise d'énergie.) Et pourtant, je veux toujours ! (Avec disespoir.) Il le faudra bien que je le veuille encore !
Vous m'appartenez, et vous serez sauvé pour moi. Ne doutez plus, ayez foi dans la prescience que l'amour donne à mes yeux. Les regards qui aiment comme les miens sont de vrais voyants. . . Méchant ! Ce n'est donc pas meilleur de croire ce que je dis, que de croire ce que vous dites? Ce n'est donc pas plus juste, plus pieux, (eJ/c approche son front des lèvres de Nohan) plus aimant? (En recevant le baiser, elle aperçoit Ligueil.) Oh!
SCEn.E XI Les Mêmes, LIGUEIL.
LIGUEIL , guilleret.
Ah ! Régine, je vous engage tout de suite