ACTE II, SCÈNE I
HENRIETTE
Tu sais, dans la plupart des cas, malgré tous les droits des hommes, leurs femmes les mènent bien par le bout du nez.
C'est le triste rôle des opprimés : duper le maître ou le corrompre.
(0)1 entend un son de trompe.)
Qu'est-ce qui arrive là ?... Un breack à quatre chevaux 1 II s'arrête devant notre porte. (Elle va voir par la porte du jardin, et se retournant avec effarement.) C'est ton mari qui vient nous surprendre avec toute une voiturée de gens de Cabourg.
LAURE, agitée.
Monsieur de Raguais!... Et ma fille?
HENRIETTE
Je l'ai aperçue aussi.
LAURE
Mettez-moi en cellule, au secret, pour éviter
6o L A L O I D E L ' H O M iM E
le désagrément d'une rencontre entre moi et lui!... Et priez-le de m'envoyer un instant Isabelle.
HENRIETTE
Réfugie-toi dans le petit salon. Je vais audevant d'eux pour les retenir. (Bas à son mari.) Refermez bien la porte : M^e d'Orcieu est de la partie. (Kcrhel fait passer Laure au pelit salon et l'y enferme.)