ACTE III, SCÈNE I
Vous avez le front de vouloir lui donner, pour belle-mère, votre maîtresse.
Madame!...
Oh! pas de grands airs! De vous à moi, continuons à appeler Mm« d'Orcieu par le titre de ses fonctions!... C'est elle qui a tout machiné, n'est-ce pas? Le lien inavouable qui vous attache à elle ne lui suffisait plus? Elle a cherché à le consolider encore au delà de vous deux, à lui refaire une nouveauté dans des conditions régulières.
RAGUAIS.
Je vous affirme que M™e d'Orcieu a été surprise par les circonstances. L'amour a éclaté entre les jeunes gens avec une impétuosité qui l'a bouleversée comme moi.
Et par pudeur pour votre fille, vous n'avez pas dit à cette créature : « Halte-là! »
S8 LA LOI DE l'homme
J'ai cru que vous écouteriez les aveux d'Isabelle avec assez de sollicitude pour comprendre ce qui se passe en elle de sérieux et de profond. Et, à cet égard, je ne veux pas encore désespérer de vous. Je ne peux pas admettre que vous fassiez passer vos griefs personnels avant les sentiments de votre fille.
Les sentiments de cette chère petite!... La pauvre enfant, est-ce qu'elle est en âge de se les connaître! Elle a été dupée, captée, dirigée vers le premier jeune homme que l'on autorisait à lui chanter la romance. De n'importe quel autre, moi aussi, j'aurais pu la faire s'amouracher également. Mais il y en avait un entre tous que le plus vulgaire sens moral interdisait de laisser rôder autour d'elle : et c'est celui-là que votre aberration à tout de suite agréé pour fiancé.
Elle r.iime!
LAURE
Ah! si vraiment vos manœuvres ont laissé