ACTE III, SCENE VII II
R A G U A I S , doucemenl à Isabelle. Va, mon enfant.
(Isabelle, éperdue entre son père et sa mère, gagn la porte du jardin.)
SCÈ'IIE VII LAURE, RAGUAIS.
RAGUAIS, inquiet.
Que prétendez-vous faire?
LAURE, avec égarement.
Je m'interroge!... Vous m'avez amenée à concevoir même la pensée du crime. Je ne me sentirais pas coupable si je vous tuais, n'ayant que cette légitime défense !... Vous m'avez tout pris : mon corps, mes biens, mon amour, mes chances de bonheur... Et maintenant, par la tentation déloyalement placée auprès d'un cœur de dix-sept ans, vous me prenez Isabelle!... Une loi, qui vous vient des fonds de la barbarie, a prononcé à travers les siècles, comme une mauvaise fée, que la fille, à laquelle je
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donnerais un jour la vie, ne serait pas du tout à moi!... que cette fille-là serait uniquement à vous, à vous qui, pour que je la crée tout entière par des mois de pieux recueillement et des heures de torture, n'avez eu qu'à m'en jeter la tâche, dans un instant de plaisir, entre deux des trahisons que déjà peut-être vous me faisiez! Allons donc! C'est monstrueux!... Pour défendre les droits dont je sens les racines jusqu'au fond de mon être, vous m'avez rendue capable de tout!